[CHRONIQUE LIVRE] LONG VOYAGE DU JOUR À LA NUIT suivi de HUGHIE // EUGÈNE O’NEILL

Résumé

Eugene O Neill (1888-1953) a été un enfant du théâtre. Son père était acteur, un bel homme qui se taillait un grand succès pendant ses tournées dans le rôle du comte de Monte-Cristo.

Après quelques années dans un pensionnat catholique, puis un court passage à l université de Princeton, il se fait marin. Il connaît les affres de l alcool, essaie de se suicider et est gravement atteint de tuberculose. C est dans un sanatorium du Connecticut qu il entame, à l âge de 24 ans, ce qu il appelle sa renaissance : il commence à écrire des pièces de théâtre. Père du théâtre américain, il essaya de nombreuses méthodes dramaturgiques comme l emploi du masque ou du monologue.

Mon Avis

J’ai découvert O’Neill assez récemment. Je cherchais à découvrir le théâtre irlandais et je suis tombée sur lui. Le plus marrant c’est qu’il est considéré comme dramaturge américain même si sa famille est irlandaise. Et autre chose que j’ignorais totalement : il est considéré comme le père fondateur du théâtre américain. Il a même reçu le prix Pulitzer en 1920 pour une de ses pièces appelée Beyond the Horizon. Puis, de nouveau en 1957 pour Long voyage du jour à la nuit. On lui remettra même le prix Nobel de la littérature, oui rien que ça. Et pourtant, je n’avais jamais entendu parler de ce dramaturge.

J’ai donc jeté mon dévolu sur Long voyage du jour à la nuit, une pièce considérée comme très autobiographique car O’Neill s’est inspiré de sa propre famille. Ce qui étonne tout de suite c’est ce soucis du réalisme. Il y a une vraisemblance dans les personnages, les situations. Pourtant, l’auteur arrive à créer un univers sombre à la limite du mélodrame tout en conservant une crédibilité.

La chose qui m’a surprise aussi c’est le développement des personnages. C’est très psychologique, O’Neill arrive à illustrer les côtés sombres et plus positifs de chacun.

J’avoue que quand j’ai commencé la pièce j’étais un peu triste car je pensais n’avoir que peu de référence à l’Irlande ou à la vie irlandaise. Là encore, cette pièce fut une belle surprise car à défaut de parler des irlandais en Irlande, la pièce aborde un sujet tout aussi intéressant : les conditions de vie des immigrants irlandais aux Etats-Unis. Cette famille est à la fois très bien intégrée dans la société américaine mais elle conserve, ancrée en elle, le souvenir de l’Irlande avec une mélancolie sous-latente.

Enfin, l’intrigue en elle-même que j’ai adoré. Alors attention, ce n’est pas une pièce joyeuse et légère. On parle ici d’une famille où chaque membre s’aime mais se déchire aussi. O’Neill a réussi à créer une ambiance pesante et oppressante. Cependant, il arrive aussi à montrer l’amour qui est présente dans cette famille. Arriver à faire coexister ces deux choses dans le même texte avec autant de clarté montre à quel point O’Neill était un virtuose. J’ai vraiment été très surprise par ça.

Comme vous pouvez donc le constater cette pièce a été une très belle découverte ! Cependant, la pièce Hughie m’a elle bien moins convaincu. Je me suis ennuyée tout au long de ma lecture. Faut savoir qu‘O’Neill a cette particularité d’écrire des didascalies détaillées à l’extrême. Dans Hughie, vous avez cette désagréable impression de ne lire que ça au détriment de l’histoire elle-même. Enfin, je dis histoire c’est un grand mot car c’est plus un dialogue de sourd entre un personnage Erié et un gardien de nuit. Honnêtement, je me suis forcée à la finir (alors qu’elle n’a qu’un acte !). Sincèrement, si vous voulez découvrir Eugène O’Neill je vous déconseille de commencer par cette pièce.

Cependant, Long voyage du jour à la nuit m’a énormément plu. Il y a un aspect très social dans le travail d’O’Neill. Il parle de l’humanité, de ses espoirs, de sa quête désespérée pour donner un sens à sa vie. Mais il parle aussi des illusions, des erreurs de chacun : c’est profondément humain et universel.

Pour Conclure

Un dramaturge dont il faut que je découvre absolument le travail. Je tenterai certainement Mourning becomes Electra une réécriture du mythe d’Agamemnon sous fond de guerre de Sécession. Ça a l’air très intéressant ^^

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