[CHRONIQUE] REBECCA // DAPHNÉ DUMAURIER (le roman et les adaptations)


LE ROMAN


Résumé

Sur Manderley, superbe demeure de l’ouest de l’Angleterre, aux atours victoriens, planent l’angoisse, le doute : la nouvelle épouse de Maximilien de Winter, frêle et innocente jeune femme, réussira-t-elle à se substituer à l’ancienne madame de Winter, morte noyée quelque temps auparavant ?

Mon Avis

Ah Rebecca … Je ne sais pas trop par où commencer car j’en ai entendu tellement parler pendant tout un semestre au point que je fais une véritable overdose de ce prénom !

Petite aparté, c’est souvent le problème avec mes lectures universitaires. Autant certaines sont de véritables découvertes car elles font partie d’une liste de lecture et on n’en parle pas tellement en cours comme la pièce très sympa de William Shakespeare, Comme il vous plaira. Autant, d’autres sont un calvaire car on en parle à chaque cours donnant des analyses très poussées, phrase par phrase, mot par mot, exercice que j’ai tendance à détester (mais c’est très personnel ^^ Certains de mes amis adorent faire ça, mais ce n’est pas mon truc, je n’y peux rien !).

Alors en commençant Rebecca, j’avais en tête toutes les analyses littéraires possibles et inimaginables dessus 😀 Ce qui aurait pu vite me faire haïr ce bouquin et pourtant, j’ai vraiment apprécié !

D’abord, grâce à l’auteure elle-même, Daphné Du Maurier a une écriture tellement simple à lire. Elle a crée une intrigue avec beaucoup de mystères et de suspense dans un décor gothique très réussi. C’est un classique de la littérature britannique d’une très grande accessibilité. Même des lecteurs détestant les classiques comme genre peuvent apprécier ce livre grâce à l’ambiance glauque, à la structure en forme d’enquête, et enfin, à l’héroïne d’une jeunesse et d’une innocence à toute épreuve (qui peuvent rappeler certains romans de Young Adult ^^).

Je pourrais vous faire une analyse littéraire du bouquin, mais je vais être honnête, ça va véritablement m’ennuyer 😀 Je vous avoue, que maintenant avec le recul, je trouve que toutes les interprétations et  analyses dessus sont un peu surestimées. Certes, c’est un roman qui reprend toutes les caractéristiques du genre gothique, et oui, Du Maurier développer très bien son histoire mais après… il n’y a pas non plus des mille et des cents à raconter dessus ^^

En tout cas, les personnages ,et particulièrement, leurs psychologies sont très bien construites. L’auteure arrive à créer des relations ambiguës entre certains d’entre eux ce qui rend l’ambiance encore plus oppressante et perd le lecteur de façon magistrale !

Pour Conclure

Un livre que j’ai apprécié. L’histoire m’a bien plu et surtout la dynamique entre les personnages.


LES ADAPTATIONS


 Il faut savoir qu’en tout il y a 4 adaptations qui ont été réalisées. Trois d’entres elles ont été produites pour la télévision et seulement 1 pour le cinéma. Ce qui est intéressant de relever c’est qu’aucune ne se copie. Chacune apporte sa touche à elle, elles sont très différentes tant dans le choix des acteurs que dans les passages choisis dans le livre. Le décor et la musique sont certainement les deux seules choses qu’ont en commun toutes ces adaptations : une musique lugubre et un château imposant et gothique. J’ai choisi de vous parler d’abord des adaptations télévisuelles par ordre chronologique. Puis de la très célèbre adaptation Hitchcock.

Alors c’est parti !

Rebecca de 1979

Cette version a été produite par la « sacro-sainte » chaîne anglaise BBC. Au commande, on a Simon Langton réalisateur que nous connaissons tous sans le savoir (oui, oui) car c’est lui aussi qui a réalisé Orgueil et Préjugés toujours pour la BBC. Comme vous pouvez vous en douter, cette adaptation est très fidèle au livre même si quelques libertés ont été prises. Vous n’aurez pas tous les passages du bouquin mais, globalement, c’est une adaptation fidèle à l’oeuvre littéraire. Elle retranscrit très bien l’atmosphère qu’a crée Du Maurier dans son roman.

Niveau casting, on a une nouvelle Mrs De Winter au visage enfantin qui correspond totalement à la description du roman : l’actrice Jonanna David.

Cependant, son jeu m’a laissé mitigé car certes elle joue très bien sur son côté « innocent et inexpérimenté ». Mais elle le conserve pendant toute l’histoire alors que dans le livre, ce personnage prend confiance et montre une force de caractère qu’ici on ne voit jamais.

Elle donne la réplique à Jeremy Brett, acteur que je ne connaissais pas du tout. Pourtant il est très connu outre atlantique pour avoir joué Sherlock Holmes. Sa prestation est convaincante du début à la fin. Il joue un Mr de Winter torturé par son passé mais il arrive aussi à montrer la désinvolture, le romantisme et le côté gentleman du personnage en même temps. On sent que l’acteur a compris la quintessence du personnage et il offre un jeu d’une grande qualité.

Et enfin, le troisième rôle qui ne faut pas louper dans une adaptation de Rebecca c’est celui de la délicieuse Mrs Danvers. Sans elle, l’histoire serait bien moins charmante, on est d’accord. C’est l’actrice du nom de Anna Massey qui s’y colle. Déjà, niveau visage, avouons le , elle est bien flippante. Elle tient son rôle, apporte le glauque qu’il faut mais sans en faire trop. Elle donne à son jeu la froideur nécessaire pour correspondre parfaitement au rôle après ce n’est pas mon interprétation préférée du personnage (cf, allez plus bas dans l’article pour voir la Mrs Danvers de Rebecca 1997 !).

La relation Mrs De Winter/Max de Winter

Cette version nous offre un couple étrange. On voit à quel point il forme un duo dépareillé. On insiste aussi sur la complexité des sentiments de Max De Winter. Pendant tout le film, ses sentiments pour notre nouvelle Mrs de Winter semblent ambiguës et obscurs. La mise en scène du réalisateur amplifie ce flou car notre jeune héroïne n’est jamais à son aise, elle nous parait toujours de trop et rarement à sa place.

Rebecca de 1997

Cette version est une production américaine et ça se sent. Elle privilégie avant tout le côté romanesque et donne une nouvelle vision de l’oeuvre bien plus enjolivée. J’avoue que le première chose qui m’a étonné – limite révulsé – c’est le choix de l’acteur pour interpréter Max de Winter. Je n’aurais jamais visualisé ce personnage ainsi. Naturellement, je le vois grand avec des cheveux noirs et toujours tiré à quatre épingles. J’ai l’impression que je ne suis pas la seule à partager cette image car dans toutes les autres adaptations, c’est souvent le choix qui a été réalisé. Alors que là, on est en face d’un acteur avec des cheveux roux, avec un maintien assez particulier qui m’évoque plus les « nouveaux riches » qu’un aristocrate anglais… Enfin, tout ça pour dire qu’il faut s’y habituer car il ne correspond pas du tout à l’image que le roman nous livre. Après l’acteur se débrouille vraiment bien et rend son rôle très crédible. donc, ce fut une agréable surprise.

Notre héroïne est un personnage bien plus mutin et espiègle que dans toutes les autres versions. Elle est calme mais elle possède aussi une grande force de caractère la rendant vivante et maline. L’actrice Emilia Fox donne une interprétation qui colle à tous les dialogues intérieures de l’héroïne qui est impossible de retranscrire sur grand écran. Cependant, on s’éloigne un peu du véritable personnage car, dans le livre, les actes de notre héroïne sont bien plus effacés qu’ici.

Mrs Danvers est certainement le personnage interprété de façon la plus fascinante. Tout au long du film, on voit une femme hantée par une sorte de passion pour Rebecca. L’actrice est excellente car même siRebecca n’est jamais là, elle arrive à créer un manque. Le spectateur veut la voir, la découvrir car Mrs Danvers en parle avec tellement d’amour, de fascination et d’admiration… C’est vraiment le point qui m’a le plus plu dans cette version. La scène de fin est juste parfaite en plus !

Le couple de Winter

Et là encore, il y a un vrai parti pris dans cette mini série puisqu’ils construisent, entre les deux personnages, un véritable couple. On occulte toute l’ambiguïté qu’il y a dans le roman par rapport à ce duo. Pour le coup, en avançant dans le film, il forme un véritable couple amoureux ce qui peut paraître très étonnant si on a lu le livre avant. D’un côté, c’est une évolution logique des deux personnages. Cependant, dans le roman, cette évolution n’apparaît pas et c’est justement ce qui rend le lecteur mal à l’aise.

Cette version est résolument bien plus romantique et romanesque que toutes les autres. Je trouve que ce n’est pas un mal, au contraire. C’est une adaptation très intéressante de l’oeuvre de Du Maurier. On s’éloigne de l’essence du roman et c’est ce qui la rend si particulière comme mini-série. Et malgré tout, les événements sont, dans l’ensemble, fidèlement retranscrits.

Rebecca de 2008

Cette version est la plus récente. C’est une production italienne ce que je trouve plutôt intéressant car les précédentes étaient toujours anglosaxonnes.

Mrs Danvers le personnage de cette histoire si on le rate honnêtement c’est tout le film qui y passe. Ici, elle est glauque à souhait, assez proche de la version d’Hitchcock quand on y réfléchit !

C’est une version télévisuelle condensée. Certainement le plus courte qu’il existe à l’heure actuelle. Ce n’est pas l’adaptation parfaite du roman mais elle introduit bien l’histoire dans ses grandes lignes. Je trouve qu’elle regroupe un peu toutes les autres versions précédentes. Elle donne une idée globale du livre tout en étant un bon divertissement. Après, ce qu’elle a peut être de plus c’est sa réalisation avec des plans/paysages bien plus beaux que ses prédécesseurs tout comme un décor réussi. C’est visuellement, très sympa à regarder. Je pense que ça s’explique par le fait que la qualité d’image et les moyens étaient plus au rendez vous puisqu’elle date de 2008. Les moyens d’aujourd’hui n’étaient pas les mêmes que ceux des années 50 ou 90 (surtout au niveau des caméras…).

Max de Winter est interprété par Alessandro Boni acteur que j’avais déjà croisé dans Odysseus et Guerre et Paix (dans le rôle du Prince André  ❤ où il était très bon aussi !) et il est convaincant. Il a une expression naturellement froide qui colle totalement au personnage de Max de Winter. Mais comparé à ses prédécesseurs, il a une interprétation bien plus nuancée : parfois il fait totalement peur parfois, il semble abattu et parfois il est heureux. Personnage lunatique par excellence. Il illustre aussi une certaine vulnérabilité peut être plus subtilement que les autres acteurs.

Rebecca d’Hitchcock 1940

At least but not at last, l’adaptation la plus connue du roman réalisée par l’illustre Hitchcock. Je vous l’avoue tout de suite, ce n’est pas du tout mon film préféré du réalisateur. Cependant, au niveau du scénario, il y a des choix faits qui sont plutôt intéressants. Le film ne respecte pas le livre de façon linéaire. Bien au contraire, des scènes sont totalement modifiées du livre au long-métrage. Je pense, par exemple, à la scène finale modifiée.

 Je trouve que ce qui démarque cette version des précédentes c’est surtout la façon de filmer d’Hitchcock. Quand on regarde les séries télévisées ensuite, on s’aperçoit qu’elle les a toutes influencées. Il a réussi à amener encore plus de suspense. C’est le premier film « hollywoodien » du réalisateur et on se rend déjà compte qu’il a un vrai talent pour distiller le mystère avec ses mouvements de caméra.

L’autre chose que j’ai aimé c’est l’alchimie entre les deux acteurs principaux : Laurence Oliver et Joan Fontaine. La limite de ce couple c’est qu’ils sont « trop » bien assortis. On s’y perd un peu parce que dans le roman c’est tout le problème : on n’a un peu du mal à les visualiser ensemble alors qu’ici, ils forment un plutôt joli couple. Mais surtout, on a l’impression que Max de Winter tient à notre chère héroïne ce qui n’est pas forcement une évidence dans le roman !

Là j’émets un avis totalement subjectif (d’un côté tout cet article est totalement subjectif 😀 ) mais de toutes les versions c’est celle que j’ai le moins apprécié. Même si j’ai beaucoup aimé Laurence Oliver (il est magnifique cet acteur, enfin, il était !), j’ai trouvé qu’il manquait de rythme. Ou peut être est-ce juste parce que j’en avais regardé un peu trop d’un coup et je faisais une petite overdose de l’histoire puisqu’elle n’avait pas vraiment de surprise ? Certainement. Il n’empêche que par moment je trouvais les dialogues poussifs avec bien trop de temps morts. Il faut aussi dire que c’est une version qui ne dure pas très longtemps non plus, on n’a pas le temps de rentrer dans les détails et on va à l’essentiel. C’est aussi pour ça qu’elle m’a semblé moins prenante. Même si j’ai beaucoup apprécié le jeu de Laurence Oliver

Pour Conclure 

Au final, si je devais en conseiller une seule, je dirais regardez la version américaine de 1997. Elle est bien réalisée, très agréable à regarder et globalement fidèle au roman. Ensuite, si vous avez un examen sur ce roman mais que vous ne l’avez toujours pas lu, je vous conseille plus la version de la BBC parce qu’elle est peut être moins prenante mais elle respecte totalement l’histoire et retranscrit parfaitement les enjeux entre les personnages.

J’espère que cette article vous a plu ! Je trouvais qu’il était un peu trop long. J’avais hésité à publier un article pour chaque version mais au final je trouvais ça trop contraignant, j’ai préféré fonctionner ainsi. N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez pour la prochaine fois (ça m’aiderait bien !)

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